Le secteur logistique cherche désespérément des profils hautement qualifiés

Le secteur logistique et la supply chain sont en plein essor, mais le flux entrant peine à suivre

Lundi 26 février 2018 — Le secteur logistique a besoin de professionnels hautement qualifiés. La demande portant sur les profils analytiques ne cesse de croître alors qu’il est de plus en plus difficile de trouver des candidats adéquats. Selon Hays Purchasing & Logistics, le problème est dû à la pénurie de formations ainsi qu’à la flexibilité que l’on attend des travailleurs de ce secteur.

Le secteur logistique est à l’avant-veille d’une automatisation de grande envergure. Un mouvement d’ailleurs déjà amorcé, notamment par la robotisation des entrepôts. L’e-commerce fait en outre que les entreprises doivent tourner 24 h/24 et 7 jours sur 7 pour livrer les colis en temps voulu au consommateur. Conséquence : l’importance croissante des applications et des systèmes IT sophistiqués, des entrepôts automatisés et des optimisations correspondantes. Prévisions, planification de l’approvisionnement, amélioration du processus, flux tendu, surveillance du niveau de stock… autant d’emplois qui exigent une vision analytique et des capacités de leader, mais aussi de la flexibilité et une mentalité « no-nonsense ». La Belgique ne propose toutefois que trop peu de formations préparant les candidats à l'e-commerce et aux emplois de la supply chain. Un nombre plus élevé de formations axées sur les compétences de l’e-commerce se révèle donc nécessaire pour faire face à la croissance du secteur.

Trop peu de formations « supply chain » spécifiques

Le secteur logistique est en plein essor. L’économie se redresse, ce qui implique une demande croissante de professionnels hautement qualifiés et multidisciplinaires. Dans le secteur logistique & supply chain aussi, les entreprises sont à la recherche de nouveaux talents. Ces trois dernières années, le nombre de candidats placés par Hays dans des fonctions hautement qualifiées telles que celles de warehouse supervisors & managers, d’acheteurs expérimentés ou d’experts transport & supply chain a progressé de 125 %. Le secteur est toutefois aussi confronté à un problème d’image et éprouve des difficultés à pourvoir ses emplois vacants. Dries Serré, Team Leader Purchasing & Logistics chez Hays : « Ce qui effraie souvent les candidats, c’est le travail de nuit. L’e-commerce a fait naître une économie parallèle. Les magasins doivent aussi continuer à tourner la nuit, car les colis doivent être traités 24 h/24 et 7 jours sur 7. Il est en outre difficile de confier les postes vacants à des personnes fraîchement diplômées. En Belgique, contrairement à la France par exemple, les formations supply chain spécifiques préparant les étudiants à des emplois dans le secteur Purchasing & Logistics sont en effet trop peu nombreuses. »

Le secteur doit se réinventer s’il ne veut pas passer à côté de nouveaux talents

Les emplois proposés dans le secteur logistique sont pourtant motivants et très variés, tout en garantissant une grande sécurité d’emploi. Les professionnels logistiques travaillent par ailleurs souvent dans un environnement international offrant beaucoup de variété et d’alternance. Le secteur souffre par contre d’un déficit en termes « d’employer branding ». « La génération qui entre actuellement sur le marché de l’emploi attache énormément d’importance à un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle, sans renoncer aux opportunités de carrière. Cette génération choisit de façon croissante des employeurs qui correspondent, en termes de culture, de valeurs et d’ambiance au travail, à son propre caractère et à ses propres convictions. Elle exige en outre quelque chose en retour, par exemple l’acquisition de nouvelles connaissances ou compétences. Les entreprises doivent tenir compte des souhaits de cette nouvelle génération de travailleurs et doivent être en mesure de toucher émotionnellement les candidats (potentiels) pour les convaincre et les conserver, faute de quoi elles risquent de passer à côté d’un important vivier de compétences. Le secteur a en effet grand besoin de ces « millennials », car son vieillissement est particulièrement palpable. La logistique va devoir s’adapter à ce nouveau contexte », conclut Dries Serré. 

Les emplois logistiques de l’avenir

Automatisation et robotisation vont fortement influencer l’offre d’emplois dans le secteur logistique. Les simples manipulations vont être automatisées, mais le travail annexe, le contrôle de la technologie, va devenir de plus en plus complexe. Quelques emplois d’avenir :

  • Programmeur-planificateur logistique

Les processus automatisés et les moyens de transport autonomes offrent de nombreuses possibilités en termes de logistique rapide, efficace et écologique. Ces processus doivent toutefois être aménagés par des professionnels intelligents maîtrisant parfaitement l’ICT, la logistique et la planification. Le programmeur-planificateur logistique combine ces différents mondes et veille, grâce à des solutions créatives, à ce que tout fonctionne parfaitement. Le planificateur logistique de l’avenir programmera les plannings au sein même des systèmes. Il/elle assurera le lien entre les entrepôts, les systèmes de mobilité et les systèmes-clients.

  • Analyste prévisionnel de données supply chain

La quantité de données disponible est de plus en plus importante. Ces données constituent une source d’informations permettant d’optimiser la chaîne logistique et d’approvisionnement et donc d’améliorer l’ensemble de la chaîne. Le « supply chain analyst » collecte et analyse ces données et parvient à les convertir en précieuses informations de contrôle destinées aux diverses directions et au management. L’intégration des « predictive data » constitue ici l’élément-clé. Informations en provenance du marché, prévisions météo et sentiments des consommateurs sont ici combinés et convertis en informations essentielles pour le transport. À l’avenir, ces « predictive data » constitueront une partie sans cesse plus importante de nos données et l’analyste se transformera de plus en plus en véritable prévisionniste. Tout cela mènera en définitive à des prévisions précises permettant de mieux servir les clients et de réduire les coûts.